Montez et Réussissez ….Haim Berkovits

En ces temps difficiles, une partie de la communauté juive de la diaspora songe à quitter l’exil pour s’installer en Israël. L’encouragement d’une grande partie de ceux qui ont déjà franchi le pas quelques années auparavant est important ; de toutes parts, les anciens olim s’organisent pour le retour de leurs frères.
Malheureusement, à côté de cela, nous assistons à une véritable propagande de certains destinée à freiner la Alya, voire à la déconseiller. Oh, rassurez-vous, pas de façon explicite, mais comme le dit le slogan hébreu « Amevin Yavin », « comprend celui qui comprendra ». Avec subtilité, elle freine l’enthousiasme montré par certains pour monter en Israël.
Je pense qu’il était important de réagir pour défendre l’idée du retour à Sion, pour défendre le slogan millénaire : « L’an prochain à Jérusalem ».
Prenons pour exemple une de ces vidéos de propagande : « Pourquoi 99% des informations concernant l’Aliyah des Français en Israël sont-elles systématiquement positives, laissant croire que la plupart des immigrants réussissent parfaitement, alors que de nombreuses familles retournent finalement d’où elles viennent ? » Je cite : Torah Box .

Il est facile de dénigrer la Alya en une phrase formulée de manière à la discréditer, suggérant qu’une grande partie ne réussit pas et retourne en France. Nous aborderons le succès de la Alya, ainsi que le choix de rester en Israël ou de décider de repartir.
L’auteur de la vidéo aborde tout d’abord la question de l’obligation ou de la non-obligation d’habiter en Israël. Pour formuler différemment : est-il préférable d’être un « bon Juif » en diaspora plutôt que d’être un « mauvais Juif » sur la terre d’Israël ?
Tout d’abord, rassurez-vous, il est évident qu’il vaut mieux être un « bon Juif » partout.
Et oui, que cela plaise ou non à certains, il y a une mitsva d’habiter en Terre d’Israël.
Habiter sur la terre d’Israël est une mitsva selon la grande majorité de nos Sages. Même ceux qui ne la comptent pas parmi les 613 Mitsvot de la Torah la considèrent comme un fondement important du judaïsme. Les Sages vont jusqu’à dire que cette mitsva équivaut à toutes les mitsvot de la Torah (Tosefta du traité d’Avoda Zara 5b).
Le Rabbin Yssahar Taytel, dans son livre « Em Habanim Semeha », nous enseigne que le Rambam (Maimonide) ne la compte pas parmi ces mitsvot car elle est une mitsva générale, englobant elle-même un grand nombre de mitsvot, et les mitsvot générales ne sont pas dans le compte des 613 mitsvot. Maimonide n’annule donc pas cette mitsva ; au contraire, il considère même que quitter Israël dans certaines situations est problématique.
La source de cette mitsva est explicite dans la Torah : « Virichtem et Harets véyachavtem ba » Vous hériterez de la terre et vous vous y installerez (Deuteronome XXIII, 53).
Le traité de Avoda Zara dans le Talmud de Babylone nous enseigne : « De tout temps, un homme habitera en terre d’Israël, même dans une ville à majorité de non-Juifs, et n’habitera pas en dehors d’Israël, même dans une ville où la majorité est Juive. » Ainsi, il est préférable d’habiter à Jérusalem, Tel Aviv, Jaffa, Natanya ou Acco plutôt que d’habiter à New York, Miami ou même Paris.
Le premier Rachi de la Torah nous enseigne que tout le livre de Berechit (La Genèse) a été écrit pour nous enseigner que l’Eternel nous a donné la Terre d’Israël comme « Nahala » comme héritage. À ne pas s’y méprendre, Rachi ne parle pas d’un quelconque héritage sur Paris 16ème ou Paris 17ème, voire même Levallois.
Alors oui, il existe une mitsva d’habiter en Terre d’Israël, mais cela va même plus loin ; il n’y a pas d’autres possibilités pour un Juif. La seule place d’un Juif est sur la Terre d’Israël. « Kol adar behoutz laaretz domé quemi che ein lo Eloka » – Tous ceux qui habitent en dehors d’Israël ressemblent à ceux qui n’ont pas de D.ieu (Traité de Ketoubot 100b). Le Rav Kook nous enseigne que lorsque l’on veut faire une Téchouva complète, il faut avant tout revenir sur la Terre d’Israël. Le mot Téchouva provient de la racine Lachouv, qui signifie revenir, et revenir c’est revenir sur la Terre d’Israël.
On pourrait s’attarder longtemps sur les sources de la mitsva d’habiter sur la Terre d’Israël ; je n’ai ici rapporté que quelques-unes d’entre elles. »

Le deuxième sujet abordé dans ces vidéos concerne l’antisémitisme. On nous fait comprendre que la situation n’est pas si grave, que le gouvernement français fait de son mieux, que la police nous protège…
Doit-on faire confiance à ceux qui, dans le passé, ont pactisé avec les Nazis, à ceux qui ont offert « leurs Juifs » aux bourreaux pour qu’ils soient assassinés dans les camps de la mort ? Doit-on placer notre sécurité entre les mains d’un gouvernement étranger ?
C’est du passé, me direz-vous, c’est du passé…
Peut-être…
Mais l’histoire nous enseigne qu’elle se répète, et les attentats de ces dernières années à Toulouse, Hyper Cacher, et à d’autres endroits, nous montrent que le vent a tourné à nouveau, et pas du bon côté.
Pour ne citer qu’un exemple, je vous parlerai de Sarah Halimi que la police française a laissée se faire tuer alors qu’elle était déjà stationnée dans l’immeuble.
Et si demain le gouvernement décidait de ne pas se mettre à dos la population musulmane en protégeant les Juifs ?
Allez donc questionner les plus grands responsables de la sécurité communautaire, tous vous diront la même chose : la question n’est pas de savoir si une nouvelle nuit de cristal va avoir lieu, mais quand…
Alors oui, il existe la possibilité de vivre caché, de ranger son étoile de David, d’acheter une casquette, de rentrer ses tsitsit dans son pantalon, d’enlever les noms Juifs des boîtes aux lettres, et surtout de cacher sa Mezouza. Appelez Torah Box pour cela, ils ont des méthodes propres à l’exil ; ils ont rédigé des tutoriels sur Internet qui vous aident à dissimuler votre judaïsme.
Demandez-leur aussi comment faire avec les voisins qui pourraient un jour vous dénoncer, ou comment faire si un jour votre fils à l’université doit montrer ses papiers d’identité où figurent Cohen, Levi, Berkovits ou Bokobza. À quand la prochaine vidéo qui vous expliquera comment changer votre nom en Anatole France ?
Pour ceux qui me répondront que la situation sécuritaire est loin d’être bonne en Israël, qu’avec les attentats, la guerre dans le sud, la guerre dans le nord et la guerre en Judée-Samarie, on est loin d’une vie paisible où l’on se sentirait en sécurité, je répondrais que vous avez raison.
Israël vit des moments difficiles, nos enfants sont au combat, ils risquent leur vie pour la défense de notre pays, pour la défense de notre peuple.
Et la défense de notre peuple, c’est aussi la défense de notre peuple en exil. Oui, c’est difficile, oui, nous avons souvent peur, mais nous avons confiance en l’Éternel : «Eine Hachem Elokeha ba » Les yeux de l’Éternel sont sur la terre d’Israël, ici il nous protège et à court terme avec son aide nous rétablirons la sécurité en Israël. En France ou ailleurs en Europe, la sécurité va vite se dégrader au point où il sera impossible pour un Juif d’y vivre. »
Alors oui, on ne vous mentira pas, faire son Alya, monter en Israël, c’est difficile, personne ne vous dira le contraire. Une Alya se prépare effectivement, il faut apprendre la langue, trouver un travail, s’occuper des écoles des enfants, trouver un logement, s’habituer à la vie dans un autre pays…
Mais dans quelques années, en regardant vos enfants grandir en Israël, vous comprendrez que le choix que vous avez fait, vous ne le regretterez jamais.
Loin de vous dissuader, je vous encourage à venir nous rejoindre, à participer à l’histoire du peuple juif, car c’est uniquement ici, sur la terre d’Israël, qu’elle continuera à s’écrire.
Et nous, les anciens olim, nous nous engageons à vous aider à faire en sorte que vous puissiez vous intégrer sur la terre de nos ancêtres.
Bechem Hachem, Alou Vehatzlihou…..
Au nom de l’Eternel montez et réussissez …

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Haim Berkovits

Coordinateur Israël Is Forever